People error ft. Ikeda Jiro

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Dim 27 Mai - 13:45


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Il fait beaucoup aujourd'hui. Le froid n'est plus qu'un vague souvenir lointain, un peu comme une histoire racontée par les anciens à la nouvelle génération plus insoucieuse. L'hiver est bel et bien terminé, enfin, et les jours rallongent à vue d'oeil. Aussi loin que je peux me remémorer, j'ai toujours adoré ce climat particulier propice à la floraison. Mes parents m'emmenaient parfois au parc non loin de notre appartement, lorsque j'étais encore un petit garçon incapable de se contrôler. Lorsque j'ai grandi, que je suis allé au collège et que j'ai rencontré Kazuki, nous allions tous les deux jouer au foot dans l'herbe tendre à l'ombre des cerisiers. Au lycée, nous flânions au même endroit, simplement heureux d'être ensemble à profiter de la vie comme les animaux autour de nous.

Mon sourire se fane alors que je me rappelle de ces bons moments aujourd'hui perdus. Mes parents sont bien loin maintenant, même s'ils ne sont pas morts; ils se sont perdus en pleine campagne dans le Kansai, dans la préfecture de Hyogo plus particulièrement, et il m'est impossible de rentrer les voir juste pour le plaisir maintenant que je suis occupé avec la fac. Quant à Kazuki...je ne peux plus le retrouver. Je ne sais même pas s'il est lui aussi venu étudier à Tôkyô, ou s'il a préféré partir dans une autre université renommée. Peut-être a-t-il été à Osaka ou Kyôto? Il ne se préoccupait pas tant que ça de ses études, mais j'aime à croire qu'il a tout de même cherché à avoir de bons résultats au concours. Nous avons malheureusement été séparés juste après le dernier examen...je n'ai pas pu savoir. Mais c'est mieux comme ça, non?

Cela fait bientôt cinq ans que j'ai perdu mon ami, mais la vie continue malgré tout. J'ai changé drastiquement ma façon d'agir, de penser, et ça m'a donné envie d'étudier mon peuple, mon espèce. Je prévois même plusieurs voyages dans ce but, mais...il me faut de l'argent pour ça. Et pour le moment, mon petit boulot au kombini me permet de payer mon studio minuscule qui coûte un rein et les frais d'inscription toujours plus élevés chaque année. On repassera pour les voyages.

C'est pourtant à Tôkyô que j'ai trouvé une partie de mon histoire, en passant totalement par hasard devant un salon de tatouage à la devanture atypique. Cet endroit, je l'ignorais alors, allait devenir une sorte de refuge spirituel pour moi. C'est ici que sont rassemblées des informations cruciales, des histoires et mythes anciens qui me sont indispensables pour mes recherches. Et ces histoires, c'est un vieil homme qui les raconte sur toile ou sur la peau des autres. Je n'aurais jamais pu imaginer croiser une telle personne un jour...c'est comme si le destin se pliait en quatre pour ma volonté, comme si mes recherches allaient permettre de rendre justice aux goules dans le monde entier. Ah, mais je suis peut-être un peu trop rêveur et enthousiaste...je ne suis qu'un humble étudiant en ethnologie, je viens à peine d'entrer en master. C'est complexe.

Aujourd'hui encore, je me rends chez cet homme qui m'a donné un espoir et de nouvelles histoires chaque jour plus intéressantes les unes que les autres. Cet homme et son fils un peu froid à mon égard...mais je n'ai pas le temps de m'inquiéter du comportement d'un adolescent. Il doit avoir ses raisons d'être si distant avec un étranger à sa famille. C'est courant chez les jeunes goules je crois, parce qu'elles ont peur de se faire choper par le CCG puisqu'elles ne sont pas encore stables. Après...je n'ai rien à dire à ce sujet. Je ne suis pas plus stable qu'un gamin de quatorze ans, à vingt-deux ans tout pile. Tout ça pour un humain qui doit se contrefoutre de moi à l'heure qu'il est, s'il ne m'a pas déjà oublié...

La porte s'ouvre à peine après que j'aie pu frapper deux coups secs dessus. C'est Ikeda-san qui m'accueille avec son air à la fois sévère et bienveillant, et me salue chaleureusement. Je crois qu'il est heureux au fond d'avoir une oreille attentive à qui raconter ses histoires...son fils en a sûrement assez de les entendre, si elles ne l'ont jamais intéressé. Je salue respectueusement l'homme.

"Bonjour Ikeda-san...et Ikeda-kun, bien entendu!"

J'adresse un sourire poli au petit, avant d'entrer dans l'atelier/appartement des Ikeda. J'aime cet endroit. C'est un peu comme...un havre de paix pour les goules. Ici, j'en viens même à oublier Kazuki et ma promesse intenable. Je me sens bien, c'est tout. Comme à la maison...

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Ikeda Jiro
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Dim 3 Juin - 2:11


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ft.Minamoto Daisuke
 
J'étais rentré plus tôt que prévu de mon voyage scolaire. Lors de ce dernier, un incident s'était produit, l'un de nos camarades avait mystérieusement disparu lors de notre temps libre. Des recherches avaient été engagées et durant trois jours, élèves et professeurs vivaient dans l'angoisse. Ce qui devait être un voyage éducatif se transforma en réel cauchemar, hélas, la police ne trouva aucune trace de notre camarade et l'enquête fut reprise par des membres du CCG de Kyoto. Peut être qu'une goule de la région avait frappé? Ou peut être pas... J'étais le seul à connaître la vérité. Notre précieux camarade était à présent dans mon estomac. J'avais promis à mon père de ne pas craquer mais, pour ne pas éveiller les soupçons, j'avais dû me conformer à leurs habitudes, m'affaiblissant de jour en jour jusqu'à ce que je faillisse perde la raison. Grâce à ce dernier, j'avais évité de dévoiler ma véritable nature et d'attaquer aléatoirement un humain. Mon plan avait été un minimum réfléchis, assez du moins pour ne pas laisser de trace de ce "méfait". A mon retour, j'avais feint l'innocence auprès de mon père. Après tout, les goules n'étaient pas des créatures qui vivaient exclusivement à Tokyo! Nous étions plus nombreux que ça, éparpillé autour du monde, nous cachant parmi les humains. Les seules preuves restantes étaient les vêtements du garçon que j'avais prit soin de dissimuler dans mes affaires ainsi que quelques tâches de son sang une la chemise que j'avais porté le jour de mon festin.

De retour à Tokyo, les professeurs nous avaient délivré une lettre à l'attention de nos parents avant de se concentrer sur le cas de la victime. Cette expérience avait été pour moi la preuve que je ne pouvais pas partir en voyage scolaire sans craquer. Cet échec me pesait sur le conscience, je savais que j'avais encore échoué et que si je ne faisais pas plus attention, les disparitions beaucoup trop fréquentes dans mon collège risquerai d'alerter les agents du CCG. J'étais encore un enfant cependant, j'avais conscience du danger que ces humains représentaient. Ils étaient là pour nous chasser, protéger leur espèce au détriment de la notre. Ils n'essayaient pas de nous comprendre. Nous ne mangions pas les humains par choix mais parce que nous étions fait de sorte à les trouver délicieux.

Malgré mon mensonge, mon père se doutait cette fois-ci que je n'étais pas étranger à notre retour prématuré. Je n'avais même pas eu le temps de défaire mon sac pour nettoyer ma chemise et me débarrasser du reste des preuves qu'il m’appelait, me demandant de descendre dans son salon pour l'aider. Son intonation, bien qu'en apparence calme trahissait sa colère et une fois au salon, je n'eus pas le courage de le regarder dans les yeux. La tête baissée, j'écoutais ses ordres pour enfin les appliquer. Ce n'était pas difficile de voir en moi le coupable, mon silence trahissait ma culpabilité. Allait-il continuer de me faire endurer la tension qu'il mettait entre nous? Était-ce par sadisme que mon père agissait ainsi? Déversait-il sa frustration de ne pas pouvoir torturer les humains sur moi? A cette idée, je me mordais la lèvre inférieure, s'il avait besoin de torturer autrui, qu'il le fasse sur les humains au lieu de prendre leur défense! Assis derrière le comptoir de l'accueil, je ne bougeais pas, fixant mes mains jointes alors que je faisais exactement ce qu'on m'avait ordonné: m'occuper de l'accueil. Je sentais les longues heures d'ennuis. Le supplice était infernal. Personne à l'horizon pour m'occuper ou même échanger des banalités. Je devais subir l'odeur du sang de l'humain que mon père tatouait dans son atelier sans bouger. Par chance, la sonnette retentit, j'allais pouvoir m'aérer l'esprit malgré les effluves qui embaumaient tout le salon. "B..." Commençais-je en levant la tête. L'homme qui venait de rentrer était une goule comme père et moi. Je le regardais de haut en bas. Cet homme qui venait souvent écouter les histoires de Père. Au même moment, mon père sortait de son atelier, son client désirant probablement faire une pause. J'avais presque l'impression que les deux s'étaient donnés le mot. Comme à son habitude, mon père semblait bienveillant envers cet étranger. Pour ma part, j'avais totalement perdu ma langue, m'étant juste incliné poliment lorsque je fus salué. "Jiro va faire du café." M’ordonna sèchement mon père. Je me fis pas prier pour m'exécuter, quittant mon siège pour m’atteler à la tâche. Pendant ce temps, mon père installait notre visiteur sur un des sofa du salon, lui demandant de patienter le temps qu'il finisse son ouvrage en cours. Parce qu'il croyait que nous avions tous la capacité de résister à l'appel du sang humain? Mon père tentait le diable se qui me fit esquisser un sourire en coin, échappant un léger rire jaune. Ce dernier ne manqua pas de tomber dans l'oreille de mon père qui se mit à me crier dessus. "Qu'est-ce que tu fais? Dépêche-toi! Minamoto-kun attend!"

Sursautant, je me dépêchais d'amener un plateau avec deux tasses de café, je les posais sur la table basse au niveau de l'espace d'attente. Mon père ne prit pas le temps de s'asseoir, ne prenant pas non plus la peine de me remercier, il l'avala d'une traite avant de repartir s'enfermer dans mon atelier. Était-ce le café qui lui permettait de tenir face à cette odeur si délicieuse? Je restais planté à côté de cet espace, mon plateau dans les bras alors que je fixais la porte de son atelier, mes yeux ayant prit malgré moi leur couleur naturelle.

 
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Sam 30 Juin - 13:34


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Le problème principal lorsqu'on entre dans un salon de tatouage, surtout de tatouages traditionnels au bambou, c'est de pouvoir résister à l'odeur du sang omniprésente dans chacune des pièces. Si j'aime cet endroit, c'est un peu par masochisme; il m'entraîne à résister à l'appel de la chair, en me donnant l'occasion de tester mes capacités d'abstinence. Heureusement, Ikeda-san est au courant pour mon voeu; il se dépêche de me faire amener du café, en profitant sûrement lui aussi pour se couper la faim puisqu'il est en contact direct avec cette chair appétissante. Le café...seul moyen pour nous autres goules d'éviter de dévorer n'importe qui n'importe quand, lorsque nous ne pouvons nous sustenter tous les jours. Pour ma part, j'ai craqué il y a déjà deux semaines. Trois cadavres entièrement dévorés...leurs restes jetés par-dessus un pont, tel des vestiges de suicidés bouffé par les bestioles qui traînent par là. J'ignore encore si je vais pouvoir tenir un jour pour de bon. Peut-être que je crèverai comme une merde en me faisant choper pour une connerie, ou peut-être que je finirai par m'affamer pour de bon et ne pourrais supporter tout ça...mon corps a beau être résistant par nature, j'ai remarqué que ma peau était beaucoup moins dure que celle d'autres goules de par mon régime particulier. Il est plus facile de la percer avec un Kagune, et elle cicatrice très lentement. Comme si l'abstinence me rendait un peu humain...

Le gamin est silencieux, comme perdu dans ses pensées. Son père d'ordinaire sévère semble en permanence en colère lorsqu'il le regarde, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi. Je ne devrais pas m'immiscer dans la vie de ces gens, moi qui squatte déjà chez eux à l'oeil pour m'abreuver des histoires du vieux...mais je ne peux m'en empêcher. J'étudie le comportement des gens à l'école, le comportement des communautés. Ici, c'est une petite communauté de goules qui s'entraident. Un peu comme des humains...la parallèle est facile à faire, lorsqu'on vit au milieu des deux races.

"Ikeda-kun? Es-tu sûr que tout va bien?"

Ses yeux se sont transformés d'eux-mêmes. C'est un adolescent après tout, il ne peut pas très bien se contrôler...mais nous sommes dans la salle d'attente du salon, si quelqu'un entre par hasard et le voit dans cet état, il risque d'être dénoncé...et son père avec. Je ne peux pas laisser faire ça. Je pose ma main sur son épaule, l'autre tenant mon café, et le regarde droit dans les yeux.

"Tu devrais rentrer, je pense. Tu n'es pas en état d'accueillir qui que ce soit, et certainement pas dans celui de rester ici à la vue de tous. Il doit y avoir quelque chose à manger chez vous, non? Ton père fait toujours des réserves dans le frigo au cas où, n'est-ce pas?"

L'odeur de sang commence moi aussi à me donner faim, mais je me cale comme je peux en terminant le café d'une traite. Il manquerait plus que j'attire l'attention à mon tour! Ce serait une aubaine pour le CCG, une hécatombe pour nous autres goules. Il n'y a rien de pire que d'être témoins d'un génocide, surtout lorsqu'une famille innocente est prise pour cible par les humains.

"Je suis sincère, Ikeda-kun. Ton père a presque fini de toute façon. Je peux monter avec toi si tu veux, ou te laisser seul. C'est toi qui choisis...mais tu ne peux pas rester ici."

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Ikeda Jiro
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Ven 13 Juil - 18:31


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ft.Minamoto Daisuke
 
L'ambiance entre mon père et moi jetait un froid dans le salon. Habituellement, il semblait juste être un père sévère un brin autoritaire. Là, sa sécheresse envers moi était la marque que j'avais probablement dû faire une bêtise. Une bêtise qui à en croire son énervement était assez grave à ses yeux. Je me sentais mal vis-à-vis de son comportement. Je l'avais déçu. Bien que je n'avais pas avoué avoir fauté, il se doutait que quelque chose clochait, la preuve de mon crime passé se trouvait toujours dans mon sac de voyage que je n'avais pas encore eu le temps de défaire. Quand bien même j'avais eu le droit à un festin improvisé lors de ma sortie scolaire, la faim persistait. J'avais l'impression que plus je mangeais d'humain frais, plus mon appétit grandissait. Allais-je devoir supporter la viande froide toute ma vie ? M'accoutumerais-je un jour à la texture dure des cadavres que nous ingurgitions ? Je me pinçais les lèvres, tenté par l'odeur qui embaumait tout le salon de mon père jusqu'à ce que les mots de Monsieur Minamoto me sorte de mes remords. Je sursautais, me tournant vers lui pour lui dévoiler mon regard. Je mourrai de faim et s'était plus que flagrant. Un instant, je fermais les yeux, essayant de me concentrer pour reprendre mes esprits. « Père m'a ordonné de tenir l'accueil... » Répondais-je doucement. Cependant, les arguments de notre compère étaient des plus convainquant. Si un humain entrait à ce moment, ce serait dangereux pour notre couverture. Je risquais de la compromettre et surtout de nous condamner. Doucement, j'hochais la tête. Il avait parfaitement raison. « D'accord... Suivez moi... » Répondais-je doucement. Si je quittais le salon, je risquais de me faire gronder une fois de plus par mon père mais peut être que si Monsieur Minamoto lui expliquait la situation, cela apaiserait la colère de mon père à mon encontre.

Je gardais ma tête baissée pour que personne ne puisse voir mes yeux qui ne semblaient pas vouloir regagner leur apparence humaine. Traînant des pieds comme un condamné dans le couloir de la mort, je quittais le locale pour montais les marches de l'immeuble, notre appartement se situant juste deux étages au dessus. Au moins, c'était pratique d'habiter dans le même immeuble que notre commerce familiale, ainsi, personne ne pourrait voir mon regard surnaturel. Je guidais mon invité jusqu'à l'appartement familiale. Ici, nous étions enfin en sécurité, mon sac de voyage se trouvait encore dans l'entrée et de ce dernier émanait l'odeur du sang séché. J'espérais que Monsieur Minamoto ne puisse pas remarquer cette dernière. Rapidement je retirais mes chaussures, prenant le sac sur mes épaules pour l'éloigner d'un museau capable comme moi de détecter ce genre d'odeur. Je pénétrais enfin dans l'appartement, me tournant vers mon invité. « Attendez-moi dans la cuisine. » Disais-je avant de filer dans ma chambre pour y déposer le sac. Je l'ouvrais, cherchant les preuves me mon méfait pour enfin filer dans la salle de bain. Je disposais mes vêtements tâchés du sang de ma dernière victime dans l'évier, faisant couler de l'eau chaude dessus en espérant pouvoir faire partir les tâches. L'évier bouché, je le remplissais d'eau. Rien de mieux que le laisser le sang infuser ce qui pourrait peut être me permettre de le récupérer plus tard, au cas ou.

La vasque remplie, je coupais l'eau pour aller rejoindre Monsieur Minamoto qui devait se trouver dans la cuisine cependant, j'avais omit un détail : je ne m'étais pas essuyé les mains, ces dernières  étant à présent mouillées par le mélange d'eau chaude et du peu de sang qui avait commencé à infusé. « Avez-vous faim ? » Lui demandais-je en ouvrant le frigo, regardant ce qu'il restait du dernier suicidé que mon père avait acheté.
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