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Jeu 19 Avr - 23:35

it's been a while

Il jeta sa cigarette à la poubelle et poussa un léger soupir. Une nouvelle journée s'achevait sans que Masao n'ait donné de signe de vie. Il le savait en vie, indéniablement, il ressentait au plus profond de son être. N'était-il pas ancré à lui ? Il passa une main dans ses cheveux et entra dans l'Amaryllis. Cela remontait à longtemps qu'il n'avait pas mis les pieds ici. Il faut dire qu'il préférait traîner à Shibuya où glaner des informations et mettre le désordre était plus intéressant. Dans ce bar, il ne passait pas grand-chose... Puis, il avait plus l'habitude de s'y rendre avec Masao. Ne venait-il pas pour essayer de l'y trouver ? Masao avait été une surprise, il ne cesserait de l'être.
Il entra et fut happer par le brouhaha. C'était la fin de la semaine, tout le monde venait boire un verre. Se détendre. Les mains dans les poches, il sonda les alentours puis se dirigea vers le comptoir. Il commanda une boisson alcoolisée sèche qui ferait l'affaire et discuta avec le barman. Il les connaissait un peu tous ici car n'était-il pas lui aussi dans le milieu ? Enfin, en ce moment, c'était plus guitare qu'autre chose. Il regarda le fond de son verre et regarda derrière lui quand, soudainement, une touffe de cheveux l'interpella. Tiens donc...

Jiro.

Les goules avaient réussi efficacement à s'intégrer à la civilisation humaine et on en comptait un paquet mine de rien. Le CCG était loin du compte et n'avait pas fini de perdre ses membres avec le nombre de goules vivant en ce monde. Donc, il y en avait un tas alors pourquoi parmi toutes les goules ici présentes pouvait-il croiser quelqu'un comme Jiro ? Il avait bien changé. Il attrapa son verre et s'installa face à lui à sa table.

« Ji-ro, sussura-t-il avec un sourire, Ça faisait longtemps. »

Jiro serait-il venu le voir de lui-même ? Il n'en savait rien. Ils étaient cousins tous les deux et la notion de famille avait son importance dans le coeur d'à peu près toutes les goules. Mais c'était compliqué. Hiroyuki avait perdu ses parents sans crier gare et s'était retrouvé seul à la merci du monde entier avant que Masao ne vienne le sauver. Il n'avait donc pas revu Jiro depuis au moins ses dix ans et il avait énormément changé. Tous les deux étaient devenus des hommes et le destin avait voulu qu'ils soient encore vivants aujourd'hui.

« Qu'est-ce que tu deviens ? »

Il termina son verre, héla le serveur pour en prendre un deuxième. Il mangerait bien le serveur lui-même qui était nouveau et être humain mais... Il se contenterait d'un deuxième verre. Un air amusé sur le visage, il attendit sagement que son interlocuteur lui réponde.


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Ikeda Jiro
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Ven 20 Avr - 23:04
Officiellement, j'avais terminé ma journée de travaille. Les cours finis, mon unique rendez-vous de la journée pour un tatouage bouclé, mon père m'avait ordonné de l'accompagner à l'Amaryllis. Était-ce une bonne ou une mauvaise chose? Je l'ignorais encore. Habituellement, nous y allions pour passer du bon temps mais la gravité de sa voix ne me disait cette fois-ci rien de bon. De plus, pourquoi avait-il besoin de moi? C'était très étrange.

Arrivé sur les lieux, nous nous séparâmes et bien que pour un humain ce ne fut pas l'heure, je demandais un café que je dégustais enfin à une table, seul. J'attendais que mon père m'appel, qu'il ait fini de parler à l'abri des regards indiscrets avec le patron. Les sourcils froncés, j'avais l'air grave. Qu'allaient-ils me demander encore? Aller récupérer des cadavres humains? Les nettoyer? Démembrer? Rien que l'idée de toucher des êtres sales et morts depuis plusieurs heures me dégouttait. Je n'étais pas un boucher moi! Moi, j'aimais les humains vivants! J'aimais entendre la douce mélodie de leur agonie passer la barrière de leurs lèvres. J'aimais voir leurs visages se tordre de douleur sous mes traitements. Je dégustais chaque instant de torture que je leur infligeais avant de les manger, progressivement tandis que leurs vies leur échappaient, tout doucement, dans la plus harmonieuse des douleurs. L'idée que j'avais en tête m'arrachait même un frisson et au même moment, comme le signe d'une providence j'entendais une voix familière appeler mon nom. Relevant la tête, j'observais le garçon qui m'avait interpellé, un sourcil arqué sous l'incompréhension totale. Qui était-il? Je faisais la moue, le détaillant avant de le reconnaître. Instantanément, je me figeais. Kurokawa Hiroyuki. Je clignais des yeux, le déshabillant littéralement du regard. Si je m'attendais à cela. "Hi-Hiroyuki? C'est... c'est toi?" D'abord surprit, je lui adressais un large sourire comme j'avais prit l'habitude de faire, balayant avec cela la distance que nous avions installé entre nous depuis toutes ces années. Nous avions bien grandit, chacun de notre côté cependant, je pouvais remarquer que lui aussi ne passait pas inaperçu. "Ben... je suis encore chez Père, j'ai presque fini mes études maintenant et Père m'a prit en formation dans son salon, et toi?" J'avais pour habitude de vouvoyer mon père par respect pour lui, pour son travail.

Regardant autour de nous, je m'assurais que personne ne puisse entendre notre conversation. Je n'avais pas spécialement envie qu'un humain s’immisce dans mes retrouvailles avec mon cousin. "Toi aussi tu fais parti de l'Amaryllis?" Finis-je même par lui demander en chuchotant tout en me rapprochant dangereusement de son visage.
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Lun 23 Avr - 15:20

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Jiro avait toujours eu un profond respect pour son père et ça, Hiroyuki ne l'avait jamais compris. Il fallait dire qu'il avait perdu ses parents très jeunes et la notion de famille lui avait peu à peu échappé. Aujourd'hui, Masao était sa famille mais il représentait par-dessus tout l'amour. La famille, c'était loin de lui être important. Toutefois, Jiro était son cousin et il avait toujours sa petite importance en lui. Peut-être dû au fait qu'ils avaient eu leur première goule ensemble ? Allez savoir.
Si Jiro respectait ainsi son père, il le respecterait pour cela. Il avait essayé de respecter autant ses parents que lui pouvait le faire mais les siens jusqu'à leurs morts avaient été souvent absents. Il n'avait pas de grand souvenir d'eux si ce n'était de la beauté de sa mère et de la froideur de son père. Ils étaient tous les deux apparemment de grandes goules mais leurs noms s'étaient éteints avec eux. Aujourd'hui, il ne restait plus que lui et il se fichait bien de se faire un nom dans ce monde. Il ne souhaitait que d'une seule chose...

... Vivre.

Il sourit à ses paroles, il était ravi qu'il soit toujours en vie. En sécurité, pour l'instant. Son père également. Il fit tourner l'alcool dans son verre et pensa que le monde était bien triste. Il n'aimait pas particulièrement la gente humaine, notamment parce qu'elle leur servait de nourriture. Comment pourrait-il être capable de penser à vivre en harmonie avec elle comme certaines autres goules ? C'était impensable car ils étaient leur espoir de survivre... Pour le plus grand des malheurs.

« Tatoueur, hein ?, lui demanda-t-il, Je viendrais peut-être te voir un jour, qui sait ! Mais je suis plus fan de piercings. »

Il rit mais s'arrêta en voyant son cousin s'assurait que personne ne les écoutait. Oui, même ici à l'Amaryllis, ils n'étaient pas en sécurité. Mais ce fut plus sa question qui le décontenança. Si cela pouvait-il être aussi simple... Hiroyuki n'appartenait qu'à Masao mais celui-ci faisait grandement attention à ses conseils ; ainsi vivaient-ils librement sans appartenir à qui ou quoi que ce soit.

« Non, dit-il, Pourquoi en ferais-je partie ? En fait, je ne sais pas si tu le sais mais mes parents sont morts quand j'avais dix ans. Quelqu'un m'a recueilli après ça, continua-t-il, Une goule, lui chuchota-t-il à l'oreille avant de reprendre plus fort, Je vis avec lui et nous possédons un bar ensemble. Néanmoins, il n'est pas là en ce moment alors comme j'adore la musique, j'ai intégré un groupe où je suis guitariste. »

Il s'étira les bras et son ventre grogna légèrement. Il sortit son téléphone portable de sa poche et regarda l'heure. Il allait être l'heure de manger. Il regarda son interlocuteur et lui dit avec un air amusé sur le visage :

« Tu ne veux pas aller casser la croûte après ? »


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Mar 24 Avr - 23:36
Le commentaire de mon cousin sur ma profession me fit échapper un léger rire. Je lui offrais mon habituel sourire, hochant vivement la tête. "Tu peux aussi juste passer si l'envie te prend." A la suite de mes mots, je sortais la carte de mon père pour la lui donner, cette dernière comprenait le numéro et l'adresse du salon.

A l'évocation du tragique destin de mon oncle et ma tante, j'hochais la tête, mon sourire s'effaçant peu à peu. Mon regard se ternissait alors que je restais muet un instant. Je n'avais jamais compris pourquoi Père n'avait pas prit sous son aille Hiroyuki. Il était le fils de sa sœur, il faisait parti de notre famille. Cependant, Père ne partageait pas mes sentiments, j'avais remarqué qu'il restait à l'écart de tout ce qui pouvait se rapporter à une famille depuis le jour de son divorce. Sans même me rendre compte, je venais me mordre la lèvre inférieure à cette idée. A ses yeux, j'étais le seul membre de sa famille et pourtant, je savais que ce n'était pas vrai, qu'il y avait d'autres goules comme Hiroyuki, qui partageait notre sang. Cependant, j'étais impuissant face à la décision de Père. Je me reculais de mon cousin pour le regarder tristement. Au moins, une goule avait prit soin de lui. Il avait grandi, évolué et semblait avoir une vie tranquille. J'étais ravis pour lui. Dans mon regard, il pouvait même discerner de l'envie. Oui, je l'enviais, j’enviais la liberté qu'il dégageait. "Tu sembles fréquenter l'Amaryllis alors je me disais que peut être... tu étais l'un des nôtres." Mes mots voulaient tout dire. L'un des nôtres. Comme Père l'avait décidé, nous faisions parti de ce groupe de goule qui souhaitaient vivre en harmonie avec les humains. Je ne faisais que suivre ses ordres, laissant par moment ma frustration grandir au point de ne plus me contrôler. J'avais besoin de les blesser, de jouer avec ma nourriture mais allait l'expliquer à mon père, à le lui faire comprendre.

Dans mon regard, Hiroyuki pu voir scintiller une lueur de désir à sa proposition. Je me mordais la lèvre inférieure, exprimant malgré moi mon envie d'aller chasser. Dans ma poitrine, mon palpitant s'emballait rien qu'à cette idée. Comment chasser et surtout qui? Pourrait-il me permettre de jouer? Je clignais des yeux, m'approchant de celui qui avait enclenché cette envie irrésistible. "Père est en haut..." Chuchotais-je, mon regard se plantait dans le sien tandis que je lui indiquais le plafond. "Ça n'a toujours pas changé tu sais... on ne..." Je déglutissais, me rapprochant à nouveau de mon cousin pour finir ma phrase en un murmure. "...se nourris principalement que de suicidés..." Mon père respectait beaucoup trop la vie humaine pour la retirer de son propre chef, c'était d'ailleurs pour cette raison que tout ce qu'il m'avait apprit avait été de fuir ou les parades de défense.
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Ven 4 Mai - 22:24

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Il attrapa sa carte et la fit tourner entre ses doigts. Oui, il pouvait passer à l'occasion, ce n'était pas une option mise à part. Il y avait longtemps songé auparavant mais sa vie ayant été entièrement dédiée à Masao, cette idée ne fut plus que poussière dans son esprit. Pas qu'il avait mieux à faire, juste qu'il avait toujours eu l'esprit occupé. Tenir un bar requerrait du temps, énormément de temps et bien que ce soit Masao qui en était le gérant principal, il y possédait également sa part. Possédait-il d'ailleurs lui aussi une carte de visite à proposer à son cousin ? Pas qu'il sache.
En tout cas, il sourit et accepta la proposition de son interlocuteur. Il serait ravi de revoir son oncle et peut-être cela ravirait la flamme de la famille dans son être. Après tout, il le niait peut-être à l'heure qu'il était mais il était plus que ravi de savoir qu'une partie de sa famille était toujours en vie. Les goules étaient plus chassées par les membres du CCG qu'inversement... Alors chaque goule avait tendance à vite se retrouver sans famille.

Mais, c'était bien pour cette raison qu'ils devaient tous se serrer les coudes ?

Néanmoins, c'était toujours difficile de faire confiance à un étranger parce qu'au-delà du CCG traquant les goules, certaines se traquaient même entre elles. Ce monde était insensé.

C'était pour cela que Hiroyuki ne pouvait pas faire partie de l'Amarillys parce que ce bar était l'essence même d'un monde chimérique. C'était insensé. Depuis quand cela était-il aussi facile de se voiler la face ? Cela n'arrangerait rien, cela ne faisait qu'empirer les choses. Cependant, il ne doutait pas que son cousin en faisait partie dû aux décisions de son père. Il en eut la confirmation quand il lui rappela qu'ils ne se nourrissaient que de suicidés. Répugnant.
Il lui était arrivé de manger des êtres humains mortifiés mais cela avait été principalement en guise de punition lorsque ses parents étaient encore en vie. Le goût... Il n'y en avait simplement aucun. Aucun goût. Puis, on n'y prenait aucun plaisir comme ils étaient déjà morts. Or, c'était le plaisir de tuer qui était le plus inéluctable quand on chassait un être humain. Ensuite, on se réjouissait de leur air effrayé et on les démembrait. On disait d'eux qu'ils étaient des monstres... Bha, pourquoi le nier ?

« On peut s'éclipser. »

Il le regarda et lui sourit. Puis, il se leva et sortit de l'espèce pour payer sa tournée.

« Je te promets de faire attention pour que tu puisses ensuite le rejoindre sans éveiller le moindre soupçon. »

Et il était sincère. Il ne voulait pas lui attirer d'ennuis. Ils s'étaient toujours bien entendus et ils avaient joué ensemble de nombreuses fois étant enfant. Même quand parfois leurs parents pouvaient se disputer. Eux ne comprenaient pas pourquoi à l'époque et cela était paru évident à l'âge adulte. Oui, quand on grandissait, on se rendait compte que le monde était plus petit que ce que l'on pensait.


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Mar 8 Mai - 18:43
Hiroyuki semblait déterminer à chasse quand bien même je lui avais précisé que je ne le pouvais pas. Cependant, je ne faisais rien de mal si j'étais un simple spectateur, n'est-ce-pas? Père ne m'avait jamais dit que je ne devais pas être témoin de ce genre de pratique! De plus, j'avais déjà été observateur de bien des choses avant cela, ce n'allait pas être un meurtre de plus qui allait m'empêcher de faire face à Père, d'autant plus que là, je ne bougerais pas mon petit doigt! Au final, ce serait comme si j'observais mon cousin pour juger ses compétences, voir s'il était ou non plus fort que moi -ce qui n'étais pas bien difficile à imaginer mais je me plaisais à penser que j'avais une chance de le battre en duel- . Une moue boudeuse, j'hochais la tête. "Il faut que je prévienne alors que je suis avec toi." Etait-ce une bonne idée de dire à Père que je partais avec Hiroyuki? Combien de fois nos parents semblaient s'être disputé sur le sujet de la nourriture? Etait-ce d'ailleurs pour cette raison que notre famille s'était éloignée? Probablement en vu de ce que mon père était capable de faire pour ses idées, son divorce avec ma mère en était le parfait exemple. S'ils ne s'étaient pas éloignés, peut être que mon père aurait recueilli Hiroyuki à la place de cette goule inconnue, peut être qu'il aurait eu une autre vie. D'un côté, je le regrettais, nous étions de sa famille, c'était une chose rare à présent et mon cousin devait compter sur nous. Pourquoi n'était-il pas venu nous voir? Pourquoi n'avions-nous pas été au courant de la mort de mon oncle et de ma tante? A moins que Père l'ait su... Non. C'était impossible, autrement, il aurait prit soin de son neveux.

Quand bien même Hiroyuki semblait se soucier de me ramener au bar, il ne se doutait pas que les employés pouvaient informer mon père son ma petite escapade. Du moins, c'est ce que je pensais. "C'est trop risqué de partir sans prévenir... et si quelqu'un vendait la mèche?" Je me levais pour aller au bar porter la monnaie de mon cousin et payer à mon tour mon café, n'ayant pas saisi la générosité de Hiroyuki. J' en profitais pour informer les employés que je sortais et de prévenir mon père. Je reviendrai, si ce dernier m'appelait. Mon comportement en disait long sur ma relation avec mon père. Elle n'avait pas évoluée et je restais le bon fils-fils à son papa. Du moins, je préférais cette image à celle qui me caractérisait vraiment: le bon chien et son maître.

De nouveau aux côtés de mon cousin, je me permis de passer mon bras autour du sien. "Hiroyuki! J'aimerai en savoir plus, sur cette goule. Pourquoi n'est-elle pas à tes côtés? Est-elle ta nouvelle figure parentale?" Je le noyais de question, arborant une moue adorable qui cachait néanmoins mon inquiétude. Outre ma faim, je me faisais une joie de retrouver mon cousin et la façon dont il avait grandit et évolué m'intéressait au plus haut point. Je n'espérais qu'une chose, qu'il ait vécu une vie heureuse.
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Jeu 17 Mai - 21:17

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Ils étaient des monstres. On les avait qualifiés de la sorte à peine commencèrent-ils à faire partie de ce monde. Des monstres. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu'ils ne pouvaient se nourrir que de chair humaine. Et les êtres humains, est-ce qu'on en parlait ? Ils n'étaient pas tous à être carnivore mais la plupart se nourrissait de chair animale. En quoi était-ce mieux ? De plus, les seuls coupables de la décadence du monde n'étaient nul autre qu'eux. Les êtres humains. Décharnés. Au fond, ils auront beau les traiter de monstres, ils l'étaient autant qu'eux.
Donc il n'y avait pas de honte à être une goule et à manger un être humain vivant. La seule différence entre les êtres humains et eux étaient justement qu'ils mangeaient leur repas vivant, non déjà mort, pré-cuit ou autre mais c'était bien la seule. Si on mettait cette différence de côté, ils étaient tous les mêmes mais n'était-ce pas parce qu'ils étaient pareils qu'il y avait des différends ? La perfection n'existe pas, le bonheur est éphémère alors il parait évident que ce soit le chaos qui règne en maître sur la planète.
C'était triste mais malheureusement les ententes débouchaient toujours sur des mésententes. Ils ne pourraient rien en faire. Quand on avançait d'un pas, on reculait de plusieurs. Il n'y avait donc plus à tergiverser : les goules étaient des monstres et il n'en serait jamais autrement. Alors pourquoi regner ce que l'on était ?

Toutefois, il n'était pas la bonne personne pour dire à son cousin que la décision de son père concernant leur alimentation était la meilleure alors il se contenta de ne rien dire quand il accepta de venir avec lui mais uniquement pour le regarder. Il connaissait son cousin fort, il n'ébranlerait pas cette force. Ils sortirent du bar et Hiroyuki l'entraîna loin de celui-ci.

« Ma nouvelle figure parentale ? », s'étrangla-t-il.

Il se mit à rire. Dommage que Masao ne soit pas là pour entendre ça. Masao était loin d'être comme un parent ; oui, c'était sa famille mais c'était son petit-ami. Son pilier, sa vie. Au début, pourtant, cela avait été loin d'être le cas. Lui aimait bien rien faire et s'amuser de la vie tandis que Masao passait derrière lui pour réparer les dégâts qu'il avait fait... Pour ensuite l'humilier plus bas que terre et le rappeler à l'ordre. Combien de fois l'avait-il fait ? Puis, un beau jour - quel âge avait-il déjà ? Quinze ans. Oui, quinze ans. Il ne savait toujours pas ce qui lui avait pris mais il l'avait embrassé. Comme ça.
En fait, Masao lui avait sauvé la vie alors il aurait pu le voir comme un sauveur et également comme un grand-frère vu comment il a toujours pu se décarcasser pour lui mais, au fil des années, il se rendit compte qu'il était tombé amoureux au premier regard. Il avait vu en lui ce jour de pluie la personne qu'il avait toujours recherché le plus au moins : sa décadence.

« Non, ce n'est pas un parent pour moi, reprit-il, Il s'appelle Masao et c'est mon petit-ami, sourit-il, Quant au pourquoi il n'est pas avec moi, mh, il est parti il y a cinq ans pour je ne sais quelle raison. Je sais qu'il va revenir, même qu'il est toujours vivant. Mais où est-il ? Ça... »

Ça le rendait triste. Il l'attendait impatiemment aujourd'hui et il le faisait savoir à qui voulait l'entendre. Entourés de monde, il chercha du regard la personne qui ferait son repas ce soir. Il lui désigna du regard une femme partant à la hâte dans une ruelle où peu de monde allait. Ils la suivirent et le moment venu, Hiroyuki se fit un plaisir de l'aborder avec un beau sourire. Il lui tourna gentiment autour et quand elle eut baissée sa garde, il lui planta le kagune dans un bras pour l'accrocher au mur.

« Regarde son visage, dit-il à Jiro, Je respecte la décision de ton père mais la nourriture est meilleure vivante. On peut s'amuser avec et faire en sorte qu'elle ne meurt pas de suite, continua-t-il, On est ce qu'on est. »


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Mer 23 Mai - 21:52
Avais-je dis une bêtise? Mes yeux fixés sur mon cousin, je battais des paupières, une moue d'incompréhension figée sur le visage. Si cette goule n'était pas une figure parentale, qu'est-ce qu'elle pouvait être d'autre? La réponse ne se fit pas attendre puisque mon cousin précisa son histoire. Au fil de ses mots, mes paupières s'écarquillaient tandis que ma main sur son bras glissait pour retomber le long de mon corps.  "T-ton..." Commençais-je à bégayer, n'en croyant pas mes oreilles. "T-ton... petit... ami?" Répétais-je assez choqué d'entendre ces mots passer la barrière de ses lèvres. Je n'avais rien contre l'homosexualité, je savais que cela existait et en fréquentant mon école d'art j'avais été témoin de certains gestes affectifs entre deux personnes du même sexe. Je savais que ça existait chez les autres. Cependant, je ne voyais pas un membre de ma famille autre que nos parents être en couple. Pour moi, nous étions encore des enfants qui se découvraient. Je ne nous voyais pas évoluer ou grandir j'avais l'impression que tout resterait figé, que rien ne changerait et pourtant, les mots de Hiroyuki étaient la preuve du contraire. Il était devenu un adulte, une grande personne. Je sentais un fossé se creuser entre lui et moi. Depuis quand? Cette goule ne l'avait-il pas recueilli? Ne l'avait-il pas élevé? Comment pouvait-elle accepter qu'un enfant comme Hiroyuki devienne son petit-ami? Et pire, qu'il puisse le laisser derrière lui et ce  depuis cinq ans! Mes dents se serraient. Qui que ce soit, il payerait pour avoir laissé mon cousin derrière, à moins que cette goule sans scrupule se soit faite tuer par les agents du CCG.

Du choc, j'étais passé à la colère cependant, je n'avais rien dit, me laissant guider par Hiroyuki dans la foule jusqu'à ce qu'il se trouve une proie, là où on ne nous dérangerait pas. Contrairement à la goule que j'avais pu rencontré lors de ma dernière soirée étudiante, mon cousin semblait moins poétique dans son acte. Cependant, je reconnaissais que nous étions bien de la même famille. Les bras croisés, je l'observais lui et sa victime. Cette dernière avait beau crier, pleurer et appeler à l'aide, personne ne viendrait la sauver. Son visage déformé par la douleur, humidifié par ses larmes étaient des plus jouissif. Savait-elle qu'elle allait mourir ici? Mon regard se détacha de ce spectacle un instant, m'assurant tout de même que personne ne l'ait entendu et lorsqu'il revint se poser sur elle, la voici qui me suppliait de l'aider. J'arquais un sourcil, regardant Hiroyuki. De là où j'étais, je ne pouvais le voir que de dos, observant son kagune sortir du haut de ce dernier. Il était si beau, les quelques reflets de la lumière qui s'étaient frayés un chemin entre les immenses building sur lui donnait une intensité surnaturelle à sa couleur. Le plus étonnant était la façon dont Hiroyuki l'utilisait, j'ignorais jusqu'à ce que je le vois que nos kagunes dit ukaku pouvaient servir comme kagune offensif. Autant dire que je semblais impressionné par sa technique.
"Je suis d'accord, mais si tu ne lui arraches pas les cordes vocales, elle risque de rameuter les agents du coin ~ " Répondais-je enfin, la voix chantonnant. Je m'approchais d'eux, mon regard changeant pour révéler ma nature, la même que le monstre qui attaquait cette pauvre innocente. "Tu veux que je m'en charge?" Susurais-je à l'oreille de mon cousin. Ma langue passait sur mes lèvres comme la bête affamée que j'étais. Venais-je de craquer? A cette idée, je me reculais brusquement, secouant la tête. Je devais lutter contre mon instinct, ne pas céder à la tentation, je n'avais pas le droit!
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Lun 11 Juin - 11:07

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Jiro ne fut pas la seule personne à avoir eu une moue d'incompréhension sur le visage en découvrant que Masao n'était pas un parent pour lui. Cela en avait surpris plus d'un, certains en ressortirent même perplexes. Comment pouvait-on rencontrer quelqu'un de plus âgé que soi et que cette même personne prenant soin de lui pour reprendre son éducation devenir son petit-ami ? Il comprenait leur incompréhension, lui-même aurait réagi pareil mais il était la personne se trouvant sous l'aile de Masao. Il n'avait pas eu à se poser de questions en le voyant : il était tombé fou amoureux de lui.
Bien évidemment qu'il avait repris son éducation en cours de route. Hiroyuki n'avait qu'onze ans quand il s'était retrouvé à la rue, il avait eu besoin qu'on prenne soin de lui. Il s'était laissé emporter avec Masao, avait vu le monde sous un nouveau jour, sous un nouvel angle. Masao avait remis un sourire sur son visage et du baume à son coeur. Il avait séché ses larmes sur ses joues, ses mêmes joues sur lesquelles il avait passé un nombre incalculable de fois sa main de la manière la plus douce qui soit.

« Oui, mon petit-ami, rit-il, Pourquoi es-tu aussi surpris ? »

Et un petit-ami connu. Masao était connu, il avait classé en tant que goule S. Néanmoins, s'il y avait bien une chose sur laquelle il faisait attention, c'était l'identité de Masao. C'était bien ça l'amour, n'est-ce pas ? Bien que c'était là un concept sur lequel il n'aimait pas s'étendre. Il ne tenait pas à lui attirer d'ennuis alors il n’énonçait que son prénom quand il parlait de lui. Il savait qu'au moins on ne l'associerait pas au Corbeau parce que personne au monde ne connaissait le prénom de cette goule infâme.

Qui lui avait appris que la nourriture était meilleure vivante ? Suppliante ? Toujours la même personne. Ils en avaient chassé des proies vivantes parce qu'il fallait bien remplir leur panse. Il lui avait également appris à manger convenablement mais Hiroyuki s'était laissé aller depuis son départ. Était-ce la colère ? Allez savoir. Il aimait désormais de plus en plus voir ses proies se tortiller de douleur, le supplier de cesser cette agonie.
Toutefois, son cousin avait raison. Cette jeune femme était bruyante et rameuterait tôt ou tard des ennuis à leurs trousses. Il s'apprêta à lui couper les cordes vocales mais il s'arrêta dans son geste. Surpris, il regarda son cousin qui venait de lui proposer de le faire lui-même avant de se surprendre lui-même et de reculer. Avait-il bien fait de l'emmener avec lui ? Il respectait son choix, n'aurait-il pas mieux fait de lui dire de rester auprès de son père ? Il ne l'avait pas emmené pour le voir à tout prix craquer. En tout cas, avant de lui répondre, il s'assura que sa victime se taise avant de se permettre un avant-goût en lui mangeant un doigt.

« Tu devrais peut-être rentrer, dit-il, du sang coulant sur son menton, Je ne veux pas que tu craques. »

Il était sincère. Il rentra son kagune et attendit. Néanmoins, si Jiro avait été sur le point de craquer, cela voulait dire qu'il reniait sa nature plus que de surcroit. Combien de temps tiendrait-il comme ça ? Depuis combien de temps tenait-il comme ça ? Son père avait-il conscience que cette solution n'était pas la meilleure ? Il en connaissait des goules qui se nourrissaient de personnes mortes mais, généralement, il leur arrivait de faire une entorse et de se nourrir d'une personne vivante. Depuis quand Jiro n'avait-il pas mangé une personne vivante ?


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Mer 27 Juin - 15:52
Mon comportement vis-à-vis de la scène ne m'indiquait qu'une chose: si je restais ici, je pourrais craquer. Hors, je ne pouvais pas me le permettre. Cela faisait plusieurs mois déjà que je n'avais commis aucun meurtre, que j'avais réussi à tenir sans me sustenter de viande fraîche. J'avais encore confiance en mes capacités. Je pouvais tenir. Encore un peu... Effrayé par mes mots, je semblais aussi inoffensif qu'un chevreau à peine né. Mes yeux avaient reprit leur apparence humaine tandis que je les écarquillais. Ma lèvre inférieure tremblait. C'est alors que j'entendis la voix de mon cousin s'élever, me faisant sursauter. Rentrer? Je me pinçais les lèvres, baissant les yeux pour ne pas être plus tenté par la vue du sang. Il avait raison. Je devais rentrer. Mes poings se serraient alors que je me retrouvais prit entre deux feux. D'un côté, je voulais écouter son conseil. Tant que je n'avais pas perdu pied, il n'était pas trop tard pour faire demi-tour et noyer ma frustration dans le café. D'un autre, l'odeur du sang de sa victime emplissait mes narines, faisant battre mon cœur plus rapidement accentuant mon excitation déjà présente. Lorsque je l'avais retrouvé, j'avais été tout excité. Hiroyuki était ma seule famille connue autre que mon père et je voulais passer plus de temps avec lui. Je voulais rire avec lui, lui parler de tout et de rien, de ce que nous faisions, qu'il me parle de lui et que notre lien se renforce davantage. Ma langue venait séparer mes pulpes rosées qui avaient commencé à pâlir sous la pression qu'elles exerçaient l'une avec l'autre. "Hiroyuki..." Commençais-je à voix basse. Rapidement, je levais la tête, m'avançant à nouveau vers lui tout en lui tendant mon téléphone. "D'accord!" M'exclamais-je. "Je vais rentrer!" La décision n'avait pas été facile à prendre mais elle était la plus sage. "Cependant, donne moi ton numéro! Je n'veux plus qu'on s'perde de vue! J'veux être là pour toi! T'es mon cousin! La famille c'est fait pour ça!" J'attendais qu'il prenne mon téléphone pour rentrer son contact à l'intérieur. Une fois qu'il l'aurait fait, je partirai pour retourner dans ma cage, près de mon père.
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