(jiro) you make me feel sweet

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Nishimura Arai
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Jiro - Shinichi - Chiaki - Sora
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Dim 10 Juin - 13:34

Toutes les questions dont l'assaille Jiro semble réellement tomber sur lui comme une pluie diluvienne. Que signifie cette sensation ? Est-ce qu'il a déjà trouvé une personne si exceptionnelle ? A-t-il des enfants ? Arai se revoit des mois en arrière, à faire de son mieux pour tout oublier et ne pas retomber dans ces horreurs, mais tout est si simple pour y retourner. Replonger et faire de nouveaux face à tous ces démons insupportables. Ses pupilles fixent Jiro sans que ses lèvres ne soient capables de répondre quelque chose. Il le regarde peut-être comme un innocent, la bouche entrouverte, prêt à déclarer le fond de sa pensée, sauf que rien ne vient. Arai est comme un poisson dans son bocal ; il tourne en rond. Quand est-ce que tout cela va cesser ? Il imagine que c'est sa vengeance qui va le sauver, mais c'est de la connerie tout ça ; rien n'ira jamais mieux.

« Non, ce n'est pas la sensation de manger un bon repas, Jiro, s'entend-t-il répondre de manière tout à fait soudaine. Ce n'est pas du tout cette sensation. C'est plutôt comme quand tu te laisses aller dans ton lit bien douillet et confortable, tu as l'impression d'y être en sécurité et que rien d'autre ne peut t'atteindre. Sauf que c'est faux, tout ça... L'amour n'est pas un sentiment aisé. »

Il passe une main dans sa chevelure pour repousser une mèche venue devant son visage. L'amour est une arme bien plus puissante que tant d'autres. L'amour est un petit cocon de bonheur quand tout va bien et une lutte acharnée quand plus rien n'est à sa place. L'agent n'a pas honte d'avoir vécu une histoire fabuleuse, n'est pas gêné d'en parler, mais il ne le fera pas devant Jiro pour la simple et bonne raison qu'il n'a pas envie de finir par tout démolir dans ce somptueux salon de tatouages. Il s'en voudrait et serait incapable de s'excuser pour cela.
Alors il se reprend, son dos se redresse et son torse suit le mouvement, prônant un homme fier et sûr de lui. Il pourrait esquisser un sourire à son interlocuteur, mais cela n'aurait été qu'un rictus incertain. A la place, il hausse doucement les épaules en plongeant ses mains dans les poches de son jean.

« Je n'ai pas la chance d'avoir une si jolie famille, non, déclare-t-il. Mon travail me prend beaucoup de temps tu sais. »

Cela suffira-t-il à lui faire stopper ses interrogations ? Arai voit cependant encore des lueurs de questions dans le regard du plus jeune ; peut-être doit-il tout simplement retourner l'affaire contre son envoyeur. Ce n'est pas très délicat... Cependant Arai a l'obligation de se protéger, et de le protéger contre lui-même.

« Et toi alors, tu n'as même pas quelqu'un qui t'a tapé dans l'oeil ? Une jolie fille ou un beau garçon ? Tu dois en voir passer plusieurs dans le salon, personne ? »


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Ikeda Jiro
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Dim 10 Juin - 21:52
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ft. Nishimura Arai

 
J'attendais une réponse mais rien ne venait. Il semblait que j'avais touché un point sensible. La réaction de Monsieur Nishimura, son silence, tout me faisait penser que sa dernière histoire d'amour avait mal tourné. Il semblait perdu lorsqu'il me répondait. Je clignais des yeux, ces derniers l'arrondissant. Je n'avais pas le luxe de me laisser aller dans mon lit, je ne comprenais pas bien ce que cela impliquait. Même si je savais que mon père était une goule puissante qui pouvait nous défendre en cas d'attaque, si les agents du CCG découvraient notre identité, rien ne leur empêcherait de faire irruption chez nous pour nous arrêter ou pire encore nous tuer. Quand bien même mon père respectait la vie humaine, notre nature faisait de nous les ennemis naturel des humains et je doutais qu'ils puissent faire la différence entre une goule inoffensive et une goule dites dangereuse pour eux. C'était donc à mon tour d'être complètement perdu. Je secouais la tête instinctivement. Si ce soit disant oncle était conscient de la peur constante que nous ressentions de perdre nos proches ou de ne pas nous réveiller le matin, peut être comprendrait-il que son exemple était mauvais. Ce fut volontairement que je gardais le silence, pour une fois, serrant les dents pour retenir ma langue.

Voilà qu'il continuait de m’interloquer. Son comportement était des plus étrange. Pourquoi soudainement se redresser? Il semblait vouloir asseoir son pouvoir par sa position, donner l'illusion d'un homme fort, comme si j'avais mit le doigt sur quelque chose, une faiblesse. Bien qu'il ne m'en parlait pas et niait avoir le temps pour cela, je sentais que quelque chose m'échappait. Cela confirmait mon hypothèse sur une rupture difficile. Peut être était-il comme Père? Pour ses convictions, en l'occurrence son travail, il avait probablement dû mettre de côté une possible ambition de fonder une famille. Je m'en voyais tout de même rassuré, en cas de confrontation, je n'aurais pas de remords à lui retirer la vie. Je pourrais aussi probablement utiliser ce qui semblait être une faiblesse contre lui, plus tard, si je devais me défendre, ou défendre les miens d'un quelconque assaut.

J'arquais un sourcil à sa question. Monsieur Nishimura semblait ne pas être bon pour changer de sujet d'antant plus que j'estimais ne pas avoir fini mon interrogatoire. Cependant, je décidais pour le moment de jouer le jeu, secouant la tête. "Pourquoi un beau garçon?" Relevais-je en premier lieu, ricanant amusé par son ouverture d'esprit. "Il y a des étudiants qui singent les adultes, mais moi, je n'ai pas envie de jouer au papa et à la maman! Il y a aussi des gens du même sexe qui semblent vouloir jouer ensemble dans ma promo mais, je ne sais pas, ça ne m'intéresse pas non plus ~ " Je lui offrais un large sourire candide. "Fonder une famille c'est aussi beaucoup de responsabilités, et ça ne semble pas facile, je l'ai vu avec père puis tu sembles aussi être comme lui. Je n'ai pas envie de finir comme vous!" Mes mots étaient comme ceux d'un enfant, un enfant qui semblait avoir compris que la vie était "une pute". Malgré mes mots difficiles à entendre, je gardais ma bonne humeur et tout sourire j'attrapais le bras de cet oncle humain. "Et puis tu me vois, moi, avoir des responsabilités?" J'éclatais de rire me collant contre Monsieur Nishimura avant de secouer la tête. "Impossible!" Concluais-je. Je vins lui tirer le bras, l’entraînant vers la sortie. "Tonton!" Repris-je. "J'ai faim! Viens on va dehors! Paye moi à manger!" Je voulais lui donner l'impression qu'il avait réussi à changer de sujet et détourner mon attention, cependant, j'avais encore quelques questions à mettre sur le tapis. Son comportement m'avait beaucoup trop intrigué pour laisser passer l'occasion d'en apprendre plus et peut être, de le blesser plus tard.
Nishimura Arai
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Dim 24 Juin - 19:51
Point sensible, et bien plus sensible qu'il ne le saurait jamais. En effet, depuis que toute cette histoire atroce s'est déroulée, l'inspecteur Nishimura n'a fait que conserver cette douleur en lui, la retranscrivant seulement quand ses doigts emparent son quinque pour se jeter en combat contre ces bêtes assoiffées de sang qui vivent tapies dans l'ombre des ruelles de la ville. Ce travail, il peut le dire aujourd'hui, lui a clairement aidé à se relever et à reprendre une certaine contenance. Durant des jours entiers, qui se sont très vite transformés en semaines et en mois, Arai n'a été plus que l'ombre de lui-même. Il ne sortait plus que très peu de chez lui, il a perdu beaucoup de poids et n'a pas cessé de repasser ses souvenirs en boucle dans son esprit. D'accord, à ce moment-là où la tragédie est arrivée, Emily et lui n'étaient plus ensemble. Il avait même signer les papiers du divorce et était prêt à les lui remettre dans les jours à venir. A quoi bon ? Elle a terminé dévorée. La culpabilité l'a longtemps rongé et le ronge sans doute toujours mais d'une façon détournée.
Face à Jiro, le tatoué n'a pas envie de dévoiler ses faiblesses. Ni même devant quiconque d'autre. Il est désormais un homme fort, qui doit avancer malgré les difficultés de la vie. Il est parvenu à se redresser, alors ces efforts ne doivent pas être vains. Chaque jour, le poids s'alourdit dans son esprit, pourtant il a l'impression que celui de son coeur s'allège. Sans qu'il ne s'en rende compte, ses poings se sont serrés dans les poches de son jean tandis que ses pupilles claires soutiennent le regard de Jiro. Jiro ce jeune homme qui ne semble pas vouloir grandir, et encore moins dans une société régie par la peur et la violence au quotidien. Arai ne peut pas le juger ; chacun s'en sort de la manière qu'il pense la plus appropriée.

« Pourquoi pas un beau garçon ? reprend Arai, il n'y a pas de mal à préférer les personnes du même sexe. Mais tu as le temps pour tout cela, tu as bien raison de ne pas t'en inquiéter. »

Ses poings se sont relâchés, l'une de ses mains vient se passer dans sa chevelure tandis qu'un léger sourire se trace sur ses lèvres aux paroles de son interlocuteur. Il est certain que les responsabilités ne lui sieraient guère... non pas qu'il ne l'en croit pas capable, c'est surtout qu'il n'a pas encore vraiment vécu sa vie. Cela serait dommage de se caser, de s'installer et de n'avoir plus rien à découvrir. Quant à ne pas terminer comme son père et lui...

« Un peu de respect envers tes aînés ! s'amuse-t-il en lui tapant doucement sur la tête, où veux-tu aller manger, gamin ? »

Arai ne peut pas dire qu'il a particulièrement envie de manger quelque chose après la discussion étrange qui vient de naître entre eux, mais il ne peut tout juste pas dire non à son vis-à-vis quand il prend ce ton-là avec lui. Les deux hommes annoncent donc leur départ au patron des lieux avant de s'aventurer dans les rues de Tôkyô où déjà une grande foule se presse. Depuis que la colombe voit les citoyens d'un autre œil, il ne peut jamais s'empêcher d'imaginer combien d'entre eux réussissent à cacher le fait qu'ils soient des goules et non des citoyens lambda. Ils jouent avec la nourriture, et en tirent sans doute bien des jouissances.
Quoiqu'il en soit, parmi tout le brouhaha du quartier de Shinjuku, les endroits où se restaurer ne manque pas. Qu'il s'agisse de restaurants, de fast-foods ou de food-trucks, tout y est. Le choix repose désormais entre les mains de Jiro.


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Jeu 12 Juil - 16:51
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ft. Nishimura Arai

 
Je ricanais à la remarque de la colombe. En effet, il n'y avait rien de mal à préférer les personnes du même sexe. Du moins, je ne voyais pas le mal à cela, beaucoup de ma section le faisaient sans se cacher, se fichant des préjugés. Monsieur Nishimura semblait également ouvert à ce sujet. Cependant, je ne me voyais pas avec quelqu'un du même sexe, ni même avec quelqu'un du sexe opposé d'ailleurs. L'idée même me donnait des frissons de dégoût. A quoi cela rimait à mon âge ? Je me considérais comme un enfant, un enfant qui ne voulait pas singer les adultes. Fort heureusement, je préservais mon esprit et mon innocence à ce sujet, me disant que je ne grandirai jamais, que le temps resterait figé ainsi, à tout jamais.
Ma proposition faite à l'agent, ce dernier ne pouvait pas me la refuser. Je lui offrais une grimace des plus mignonne à sa réflexion. « C'est vrai, tu es déjà vieux Tonton et père m'a apprit à respecter les vieilles personnes !  » Face à mon arrogance, je ricanais, satisfait d'avoir pu lui lancer cette petite pique. Un large sourire fendait mes lèvres alors que mon regard taquin se posait sur l'homme. Mes doigts se resserraient sur son bras. J'aimais taquiner les humains, jouer avec eux. C'était peut être ce qui faisait mon charme, cette innocente arrogance.

Enfin dehors, nous nous mêlions à la foule. Je ne prêtais pas attention aux alentours, réfléchissant à ce que je pouvais bien lui faire acheter. Je devais choisir quelques chose de facile à vomir ensuite, quelque chose que je pouvais avaler sans mâcher pour éviter de me rendre malade. C'était une technique que l'on m'avait apprise pour passer pour un humain, peut être la moins douloureuse. Une moue perplexe au visage, je m'arrêtais soudainement en sentant une odeur nauséabonde, celle émise par la cuisson des takoyakis. Ce plat traditionnel japonais se présentait en une pâte en forme de boule dans laquelle les humains y mettait principalement des ingrédients salés. Un instant je réfléchissais à si cela pouvait aller cependant, en garder un dans ma gorge était faisable mais plus, cela m'était impossible. Mes doigts se resserraient sur le bras de l'agent. Les takoyakis étaient une mauvaise idée. Nous poursuivions notre route jusqu'à ce que j’aperçoive un café. Mon sourire s'élargissait. Ici, je pourrais disposer de toilettes pour recracher la nourriture humaine le plus rapidement en plus de pouvoir boire ma boisson fétiche : du café. Du doigt, je pointais le lieu. « Tonton ! » M'exclamais-je. « Allons ici ! » Sans même attendre l'approbation de Monsieur Nishimura, je l’entraînais vers le lieu que j'avais choisi, m'installant à une table. Tout sourire, je regardais mon soit disant gentil tonton, protecteur des humains. La carte en main, je regardais rapidement ce que je pouvais commander. Vu que je pourrais recracher rapidement la nourriture, mon choix m'importait peu ce qui me poussa à choisir un plat sucré pour appuyer mon image d'innocent enfant. « Au fait Tonton, je me suis toujours demandé... » Commençais-je pour relancer la discussion. « Tu as beaucoup de tatouage, est-ce que tu fais parti d'un gang ? » A la fin de ma question, je penchais la tête sur le côté, lui offrant un sourire. Evidemment je savais pertinemment ce qu'il faisait mais oserait-il m'avouer qu'il chassait les goules ?
Nishimura Arai
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Jiro - Shinichi - Chiaki - Sora
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Mar 24 Juil - 10:46

Il a beau dire, Arai, mais il demeure un humain avec ses forces et ses faiblesses comme n'importe quel autre insouciant de la ville de Tôkyô. Malgré la dureté de sa situation, il poursuit sa route en continuant d'être attendri par certaines choses alors qu'il sait, tout au fond de lui, que ce n'est pas quelque chose qu'il devrait s'autoriser. Passer aujourd'hui du temps avec Jiro est clairement davantage une perte de temps, des heures qu'il aurait pu conserver pour traquer les ennemis déguisés dans la population japonaise. Oui, Arai le sait, il aurait juste du venir faire faire les retouches à son tatouage puis quitter le salon sans s'avancer plus. Pourtant le voilà désormais  à gambader dans les rues à la recherche d'un endroit où s'installer pour discuter un peu plus avec le jeune homme accroché à son bras.

Des années plus tôt, c'est vers une carrière de médecin que le tatoué avait décidé de s'orienter. Très porté sur le bien-être des autres, il espérait trouver des solutions afin de soulager les douleurs, de panser les blessures. Il ne comprend pas pourquoi, avec de telles technologies à nos jours, nous sommes encore incapables de détecter ou de guérir certaines maladies. C'était donc dans cette optique-là qu'il avait choisi de se battre ; une noble cause, n'est-ce pas ? Cela prouve donc qu'Arai n'a pas toujours été si égoïste, si foncièrement privatif envers lui-même par rapport à ses relations amicales, familiales ou mêmes amoureuses. Oui, avant qu'il ne s'engage au sein du Centre de Contrôle des Goules, Arai possédait une âme moins néfaste. Mais les temps changent, et Arai sait qu'il ne peut pas revenir en arrière.

Jiro finit par l'entraîner dans un café, ne lui laissant pas vraiment le choix d'accepté ou non d'y pénétrer. Les deux hommes s'installent donc à une table où la carte des menus trône devant eux. Le plus jeune s'en empare en premier, demandant par la même occasion la raison des nombreux tatouages ornant le corps d'Arai. Celui-ci attrape la carte à son tour, y jette un rapide coup d'oeil, puis la repose sur la table. « Dis-moi Jiro, je te trouve bien curieux aujourd'hui, répond-t-il en se rapprochant doucement de lui, mais non, je ne fais partie d'aucun gang. » A proprement parler, il s'agit plutôt d'une organisation alors il n'est pas en train de mentir à son interlocuteur. « Mes tatouages sont ma manière de m'exprimer de ne jamais oublier d'où je viens, ni ce que j'ai pu faire ou qui a pu m'arriver au cours de ma vie. » En effet, chaque dessin représente un moment bien précis de l'existence de l'Inspecteur, que ce soient de bons ou de mauvais souvenirs. Il sait que personne n'est irremplaçable, que l'oubli est inévitable, alors ne serait-ce que pour le reste de sa vie, il se rappellera toujours.

Finalement, un serveur vient les voir pour prendre leur commande. Jiro chosit son plat et Arai demande simplement un café noir, bien serré. Une fois l'homme repartit, l'agent reprend la parole. « Tu aurais aimé que ton oncle soit du genre mauvais garçon ? J'ai des histoires si tu veux, des histoires à raconter... si tu n'es pas effrayé. » Il lui adresse un clin d'oeil, remerciant par la suite le serveur qui a apporté leurs plats.


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Dim 12 Aoû - 0:17
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Accoudé à la table, j'attendais la réponse de Monsieur Nishimura avec impatience. J'avais l'air fasciné par les gangs, ou du moins mon regard brillant faisait paraître cette fascination. En réalité, je m'attendais à ce que l'agent me mente et acquiesce, ce qui à mon grand étonnement, il ne fit pas. Je clignais des yeux rapidement, l'écoutant. Alors c'était donc ça! Je comprenais mieux pourquoi il s'était fait tatoué une date dernièrement. Ce devait être l'événement le plus marquant de sa vie. Je ricanais, heureux de voir qu'il ne m'avait pas menti bien que je m'étonnais de ne pas encore avoir vu le symbole du CCG ou le masque de la première goule qu'il aurait pu tuer sur sa peau.

Le serveur arrivait et nous passâmes commande. Je demandais une pâtisserie accompagnée d'un café, tout comme mon soit disant oncle. Un large sourire, je m'amusais de voir que cet humain semblait autant apprécier le café que nous autre, goule. A se demander s'il était lui aussi humain! Pourtant, je l'avais déjà vu vêtu du long manteau blanc et porter une mallette en métal comme les agents du centre de contrôle des goules. Il était impossible que l'une d'entre nous nous trahisse ou même nous haïsse, pas si nous étions dans le même bateau. Cependant, il me proposer pour étancher ma curiosité. Je hochais vivement la tête à sa question. “Lorsque l'on te voit pour la première fois, Tonton, tu n'as pas l'air commode. Mais lorsqu'on apprend à te connaitre, on revient sur notre jugement. Après tout, tu es mon gentil tonton!” Je ricanais, lui offrant un clin d'oeil à la fin de cette affirmation. J'avais d'un côté raison, Monsieur Nishimura était un homme bon, si nous n'étions pas son ennemi. “Je veux savoir!” Continuais-je en applaudissant alors que l'inspecteur m'avait proposé de me raconter des histoires. Allais-je en apprendre d'avantage sur lui? “Je te promet que je serai courageux! Raconte moi!” Mes yeux brillaient comme ceux d'un enfant émerveillé par les prouesses de son père. Il avait gagné mon intérêt. Allait-il cette fois-ci me raconter des histoires comme mon père le faisait? Allais-je connaitre le point de vu d'un humain? Ou du goule qui trahissait les siens?
Le serveur arrivait pour nous servir alors que mon gentil Tonton n'avait pas encore commencé son histoire. Ne le quittant pas des yeux, je pouvais déjà sentir le délicat parfum émaner des boissons que nous avions commandé.
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Lun 13 Aoû - 18:53

Arai ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire aux paroles de Jiro qui lui déclare ne pas le trouver très avenant lors d'une première rencontre. Finalement, cela ne le dérange pas plus que ça puisqu'il a lui-même créé cette image depuis que le drame de sa vie est survenu. « Ce n'est pas plus mal d'intimider un peu les gens, déclare-t-il en réponse à son jeune interlocuteur, certains ont bien besoin de cela ! » Il omet volontairement de faire référence à qui que ce soit, laissant le doute en suspens. Jiro peut bien imaginer ce qu'il désire, il y a des zones d'ombres qu'Arai n'est pas encore prêt d'avouer.

Enfin, leurs gourmandises arrivent. Arai se contente d'un thé à la menthe avec un peu de sucre et se demande jusqu'à quel point la curiosité de Jiro peut aller. Que doit-il bien lui raconter, comme histoire ? Oh ! Il en connait de nombreuses, tel qu'il vient de le lui dire, mais laquelle choisir sans réveiller des questions trop pointilleuses ? L'Inspecteur acquiesce d'un mouvement du visage, prenant son temps pour agrémenter son thé, le goûter et le reposer devant lui. Il sent les pupilles fixées de son vis-à-vis sur sa personne, avide de connaître ce qu'il va bien pouvoir lui raconter. « Je pense avoir trouver quelle histoire te raconter. » Oui, il y en a bien une qui s'éveille en lui, presque comme une mélodie insensée, incessante. « Il y a un homme dans cette ville, débute-t-il. Un homme dans cette ville qui n'a pas la tête sur les épaules et qui traque sans relâche les rebuts de la société : les drogués, les voleurs, les violeurs, les menteurs ; il y en a tant. »

Voyant que l'attention de Jiro sur sa personne est totale, le tatoué poursuit son histoire. « Au fond de lui, cet homme est un corbeau, il s'abat sur ses proies comme un charognard pour les dépecer de leur humanité. Mais penses-tu qu'il le soit, lui, humain ? Un jour, il a fait face à un autre homme, manipulateur, qui s'est moqué de lui. Pendant plus d'une heure, ils se sont battus à mains nues dans l'unique but de se tuer et ce but a été atteint. » Il boit une gorgée de son thé, se racle la gorge. « C'est cet homme qui a péri. Il a péri et le manipulateur s'est enfui en l'abandonnant dans une vieille ruelle sombre. Il a été retrouvé au bout de plusieurs jours, ses oreilles tranchées. » Il esquisse un sourire à son camarade en se redressant sur sa chaise. Délicatement, l'agent du CCG termine sa tasse de thé en attendant la réaction de Jiro.


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Mer 15 Aoû - 19:18
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J'ignorais notre commande sur la table. Il se passait quelque chose de beaucoup plus intéressant en face de moi. J'attendais une histoire avec du sang, de la chasse, peut être même du drame. Les yeux brillants, les deux coudes sur la table et la tête dans mes mains, j'écoutais ce Tonton me narrer une première histoire. Je commençais à réfléchir. Un corbeau qui traquait ? Mon attention était totale mais j'essayais de comprendre si oui ou non il y avait un sens caché jusqu'à la fin de son histoire. Là, je ne pus m'empêcher de grimacer de dégoût. Pourquoi lui avoir coupé les oreilles ? Pourquoi juste les oreilles ? Dans mon esprit, je me disais que si ce manipulateur était une goule, il devait avoir bien mauvais goût, ô ça oui ! Il n'y avait presque rien à manger dans les oreilles, de la chair, oui, mais très peu, la principale matière étant le cartilage, ce n'était vraiment pas la meilleure chose à avoir dans son assiette. Alors pourquoi je pas lui avoir arraché les yeux ? A moins qu'il ne s'agisse d'une querelle entre humain ? Je devenais de plus en plus sérieux. « Pourquoi voulaient-ils se tuer ? » Je fronçais les sourcils. « Les deux étaient des criminels, n'est-ce pas ? » Demandais-je à mon soit disant Tonton. « Les gens normaux ne tuent pas les autres ! » Là je me pinçais les lèvres, détournant le regard. J'avais moi aussi du sang sur les mains mais moi, ce n'était pas pour juste une paire d'oreille. Ce sang m'était nécessaire pour survivre. J'avais besoin de manger des humains pour continuer de vivre parmi eux. Une part de moi aimait les voir souffrir et jouer avec eux tandis que je ne comprenait pas comment un humain pouvait faire du mal à un autre. Même certaines goules comme mon père refusait d'attenter à leur vie. Mon regard plein d'incompréhension se plongea dans celui de la colombe. « Pourquoi les oreilles ? » J'avais l'air grave. Si au début, je pensais que le corbeau aurait pu être Monsieur Nishimura, maintenant je doutais qu'il soit cet homme. Il ne me racontait pas sa vie mais peut être une scène de crime ? Pour en avoir le cœur net, je m'avançais vers lui pour regarder s'il avait ses oreilles. Une moue pensive se dessinait sur mon visage.

« Tonton... » Repris-je en revenant m'asseoir correctement sur ma chaise alors que je m'emparais de mes couverts pour couper la pâtisserie humaine. « Elle est nulle ton histoire. Si le corbeau avait été quelqu'un de droit qui traquait tous ces gens, alors il aurait dû être de la police. » Ma fourchette à dessert se planta dans un morceau de gâteau que je levais à mes lèvres avant de m'arrêter. Là, je le reposais sans même avoir prit le poison dans ma bouche et changeait d'avis quant à ce que j'allais commencer à entamer : mon café. J'en bu une gorgée, reposant la tasse sur la table. « Les gens droits et gentils ne sont pas là pour traquer d'autres gens, il doit protéger les siens. » Repris-je sérieusement. « Même s'il doit faire des sacrifices, il ne doit pas en être fier, il ne doit pas chercher à traquer ces gens. » J'étais incroyablement sérieux. « Les humains ne doivent pas se faire de mal ! » Concluais-je tel un enfant naïf. J'avais peut être été trop couvé par mon père pour dire de tel chose mais c'était ainsi que je voyais le monde avec mes yeux d'enfant naïf.
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Dim 2 Sep - 15:52

Et la réaction du plus jeune ne tarde pas à se faire attendre. Arai l'écoute avec intérêt, le voyant complètement pris dans l'histoire étrange qu'il vient de lui raconter. Pour quelle raison s'est-il engagé là-dedans, lui, déjà ? Il abandonne un léger soupire avant d'esquisser un sourire en coin à son interlocuteur qui l'assaille de questions.

« Je ne sais pas, Jiro, lui répond-t-il. Cette histoire peut-être interprétée de différentes façons et je pense qu'il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises manières de le faire. »

D'ailleurs, où a-t-il été cherché cette histoire rocambolesque ? Dans les tréfonds de sa mémoire, pour sûr. Elle est un mélange de son histoire, avec celles de ses victimes sans doute. Plusieurs critères rentrent en jeu, mais Arai ne peut pas en faire part à Jiro sans quoi il révélerait le plus grand secret de la ville.

« Comme tu le dis, les gens normaux ne tuent pas les autres. Mais les anormaux, penses-tu qu'ils ont ce droit alors ? A moins que ça ne devienne une obligation ? »

Il cherche le regard du plus jeune qui hésite à manger sa pâtisserie pour se concentrer finalement sur sa tasse de thé. Oui, est-ce que lui, être imparfait qu'il est, possède le droit de tuer les goules ? Est-ce qu'il a ce droit-là alors qu'elles sont elles aussi des êtres doués de pensées, de paroles, d'action ? Il doit forcément y avoir d'autres possibilités de se nourrir, d'autres substituts... Mais ce n'est pas Arai qui choisit ; sa vengeance régit ce qui reste de sa propre humanité.

« Tu as raison, mon histoire est vraiment nulle, rit légèrement l'Inspecteur. Mais, tu sais, quand la justice est mal faite, certains espèrent trouver leur repenti dans l'injustice. La frontière est mince entre ces deux notions. »

Jiro suit-il bien tout ce qu'Arai est en train de lui raconter ? Ce dernier l'entend proclamer tant de naïveté de sa bouche que, dans le fond, il est bien heureux de savoir que des personnes demeurent innocentes dans cette ville en sang. Les Colombes sont bien loin d'être aussi pures qu'elles veulent le paraître dans leur costume blanc comme neige. Leurs actions, les actions d'Arai, demeurent des meurtres sans pareil - sauf si on ne considère pas ces bêtes comme des êtres humains. Mais là aussi, la frontière est mince entre ces deux notions, n'est-ce pas ?

Quelque part amusé d'avoir plongé Jiro dans une profonde réflexion, l'agent du CCG ne reprend pas tout de suite la parole. A quoi peut-il cogiter ? S'il savait...

« Allez, mange ton dessert, le taquine-t-il, ce n'est qu'une histoire. »

Une simple légende urbaine qui gravite autour de la population un peu plus fort chaque jour. Et Arai sait que c'est inévitable, que toutes ces affaires sordides sortiront de l'ombre pour éclater au grand jour. Le but est de protéger la population, mais maintenant cela n'est plus qu'une question de temps.


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