化物 ft. Nakahara Masao

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Lun 14 Mai - 18:10


化物


Shinjuku. Arrondissement de la jeunesse, l'un de ceux des plus fréquentés. Là où la vermine pullule également, que ce soit de simple yankees comme de dangereux yakuza. Je n'ai pas ma place ici, moi qui ai dépassé l'âge de me balader si tard dans les ruelles colorées du quartier. Mais...je ne suis pas ici de mon plein gré. Du moins c'est la sensation que j'ai en déambulant dans ces grandes artères, rasant les murs, la capuche rabattue sur ma tête masquant à demi mon visage.

Je l'ai dans mon sac. Le masque que j'ai récupéré il y a presque deux ans de cela, cette chose qui les empêche tous de savoir qui je suis. Mais je ne vais pas le mettre maintenant, ce serait se donner en spectacle pour un rien. Je suis dans un état lamentable, une fois de plus. Ca fait presque quatre mois que je n'ai rien avalé, et le café ne me remplit pas l'estomac comme je le désirerais. Je vais encore craquer, ce soir. Je vais devenir un véritable monstre pour une ou deux heures. A croire qu'au fond, je dois aimer ça...

Ca fait presque dix ans que j'ai perdu Kazuki. Dix ans que je vis cette vie faite de hauts et de bas, à tenter de renier ma nature propre pour un jour me présenter devant lui en homme libre de toute pulsion. Cependant rien n'y fait; dix ans plus tard, je suis toujours le même idiot obligé de tuer pour se nourrir. Je le dégoûterais probablement s'il pouvait toujours me voir. Mais il n'a jamais essayé de me retrouver...du moins...c'est ce que je crois. C'est que je ne devais pas être si important que ça pour lui, non?

Le golden gai. Quartier un peu vieillot, un endroit où j'aime particulièrement me rendre dans ces moments-là...tout simplement parce que la disposition des ruelles permet d'avoir l'intimité qu'il faut pour dévorer un cadavre ou deux. L'eau me vient à la bouche rien qu'en sentant l'odeur de tous ceux qui se baladent dans le quartier. Mes yeux retrouvent leur couleur rouge et noir naturelle, camouflés derrière des lunettes de soleil opaques que je ne tarde pas à retirer pour enfiler mon masque à la va-vite. A quoi bon chercher à me cacher désormais? Je suis sur mon territoire...celui que je choisis chaque fois que j'ai besoin de contenter mon estomac. Je suis un monstre qui sait ce qu'il veut.

Ce type à moitié éméché m'a l'air pas mal pour ce soir. Gras, peut-être un peu vieux, il ne pourra pas se débattre ni s'enfuir. Son odeur est alléchante...je dois être sacrément affamé pour l'apprécier. J'attends simplement qu'il s'avance un peu plus vers moi, étends mes ailes...et saute sans trop ralentir ma chute sur son dos. Il n'a pas le temps de se débattre. Pas même le temps de crier. Mes dents se referment sur sa gorge que j'arrache sans problème, tandis que mes ailes se plantent dans ses bras pour le clouer au sol. J'ai faim. Monstrueusement faim. Je ne sais pas si le dévorer entièrement pourrait me contenter, peut-être m'en faudra-t-il un autre...

Mais soudain, quelque chose attire mon attention dans mon dos. Quelqu'un est en train de m'observer, c'est certain. Ennemi? Allié? Ce ne peut qu'être un ennemi. Les goules ne sont pas tendres entre elles, et pour ce que j'en sais, il est possible que cet endroit soit déjà le territoire d'un autre. A moins qu'il s'agisse d'un agent du CCG? Impossible. J'aurais senti son odeur. Et puis...je crois qu'ils ne se déplacent qu'à deux, toujours. Histoire d'être en surnombre pour se battre contre une seule goule, je suppose.

Il n'y a qu'un moyen de savoir qui est cette personne. Je laisse mon repas aux deux tiers dévoré pour me retourner avec vivacité, du sang coulant sur mon menton sans que je m'en soucie.

"Qui es-tu et qu'est-ce que tu me veux?!"

Mes émotions sont à fleur de peau. La colère, la peur, la faim...tout est exacerbé par cet état pitoyable dans lequel je suis. Ce type n'a probablement rien demandé à personne, et déjà je l'agresse verbalement...où est passé ce gentil garçon aimable et bienveillant que je suis au quotidien?

EXORDIUM.
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Abe Cléo
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Dim 20 Mai - 21:42

Les rues de Tôkyô. La ville qui ne dort jamais. Ah ! Toutes ces sensations lui ont quand même bien manqué. Masao est parti pendant longtemps, cinq ans plus précisément. Il a choisi de quitter son petit confort pour vagabonder à travers le monde, voir tout ce que les autres peuvent lui proposer et lui apprendre. Il ne regrette pas, c'est une expérience agréable qui l'a forgé et convaincu que son bonheur ne peut pas exister sans la présence de Hiroyuki à ses côtés. A l'évidence, il n'ira pas le déclarer à ce dernier, n'étant pas le moins du monde capable de dévoiler ce genre de sentiment. Enfin ! Quoi qu'il en soit, c'est avec envie qu'il est revenu dans son pays natal dans le but de retrouver ses valeurs.
Après avoir dîné, il a abandonné son petit protégé pour courir dans les ruelles, ses pupilles sombres se perdant dans les lumières de la ville, son odorat captant malheureusement que les odeurs des humains, mais celle-ci bien différente des autres villes dans le monde. Les Japonais ont un goût délicat, raffiné, ce sont des mets agréables tandis que, par exemple, les occidentaux sont plus durs, plus bruts en quelque sorte. Ses jambes le portent là où son regard se dépose. Tout cela lui est agréable, il se fond parmi tout le monde qui grouille et ça lui plaît de n'être qu'un visage passager, qu'un sourire éphémère.
Plusieurs minutes, heures, se déroulent de cette manière. Masao ne ressent pas la fatigue, appréciant les mouvements des badauds autour de lui. Il ne s'arrête pas souvent, poursuivant son chemin sans chercher à aller quelque part ou à rentrer dans sa boutique. On pourrait croire qu'il erre sans raison, mais c'est loin d'être le cas. Ses yeux sont expérimentés, fouillent dans les coins et recoins les plus surprenants pour s'inspirer, imaginer, créer. Il ne peut pas stopper son cerveau d'effectuer ces recherches pour ses masques. Ils sont sa plus grande fierté, ce pour quoi il se bat tous les jours pour offrir le meilleur aux goules. Cependant, certaines goules sont plus perfides, voleuses, que d'autres... Et Masao sait les reconnaître.
Il abandonne un grognement en apercevant un masque au détour d'une ruelle. Il sait qu'il ne l'a pas fait pour cette goule, mais pour un autre homme. Alors il s'approche, sans gêne, apercevant la goule dévorer son repas de plusieurs mois avant qu'elle ne détecte sa présence et l'agresse (presque) verbalement.

« Vous pourriez être plus poli surtout en sachant que vous n'êtes qu'un voleur, répond aussitôt Masao. Qu'avez-vous fait de la goule qui portait ce masque ? »

Il imagine bien la réponse mais préfère l'entendre de la bouche de cet homme affamé. Masao aperçoit le sang qui dégouline de sa mâchoire, secouant presque le visage en se disant que ce n'est vraiment pas une manière de manger. Cette goule doit être affamée pour s'être défoulé sur le pauvre humain décédé.

« Depuis combien de temps n'avez-vous pas mangé ? » l'interroge-t-il en s'approchant pas à pas de son vis-à-vis.

Après tout, les goules font désormais parties intégrante de la chaîne alimentaire, ce n'est pas une rareté que d'en trouver une, au détour d'une ruelle sombre, en train d'ingurgiter son repas. Mais, pour le reste, pour Masao, il y a des convenances à prendre et, clairement, cette goule n'y répond pas. Il abandonne un soupir avant d'enfoncer ses mains dans les poches de son pantalon, loin d'être effrayé d'une quelconque et éventuelle bagarre. L'autre n'aurait rien à y gagner, bien au contraire, et ce malgré son estomac rempli.

« Le masque que vous avez volé fait partie de ma collection. Je suis son créateur et loin d'apprécier le fait que vous l'ayez dérobé à quelqu'un d'autre. »
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Lun 21 Mai - 12:06


化物


Je le dégoûte. Quoi de plus normal, quand on voit mon état. Pire encore; il connaissait ce pauvre type à qui j'ai volé l'identité. Le masque d'une goule est son deuxième visage après tout, et moi j'ai simplement dérobé celui d'un autre. Je serre les dents pour contenir ma faim que quelques bouts de cadavres n'ont pas pu assouvir, et fixe mon vis-à-vis d'un air menaçant. Je sais que je vais craquer à un moment ou à un autre. Ca n'arrive pas souvent que je sois pris en flagrant délit, mais...chaque fois, je songe à Kazuki et j'imagine son regard désapprobateur, probablement effrayé et dégoûté lui aussi. Et lorsque ça arrive, je ne peux que fuir pour ne pas montrer mes larmes à celui qui vient m'importuner. Fuir par lâcheté, mais aussi pour trouver un autre terrain, une autre pauvre âme errante qui n'aurait pas dû rester si tard dehors.

"Ca te regarde pas. Approche pas."

Il sait, bien évidemment. Il sait que je suis affamé, et que je ne suis probablement pas maître de mes actes. Pourtant, il continue d'avancer. Pourquoi? Pourquoi s'acharner ainsi, risquer sa vie ou au moins quelques blessures? Mon pouvoir n'est pas à prendre à la légère. Je ne suis pas à prendre à la légère...j'arrache mon masque de mon visage et le balance devant moi, à ses pieds.

"Si c'est ça que tu veux, prends-le. Mais reste loin de moi. S'il te plaît. "

Ma voix précédemment agressive devient suppliante cette fois. Je commence à craquer, et je le sens. Il faut que je m'en aille avant de l'attaquer sans raison. Je ne veux pas tuer plus de goules, nous sommes déjà exterminés par le CCG...ce n'est pas mon ennemi, ce n'est qu'un type lambda qui n'aurait jamais dû se retrouver ici à cet instant. Je me lève sans ranger mon kagune, qui semble depuis longtemps animé d'une volonté propre. Un peu comme ce type dans un film que j'ai vu il y a longtemps et qui s'était greffé des tentacules en fer dans le dos.

"L'homme à qui il appartenait est mort. Je l'ai tué parce qu'il était simplement là au mauvais endroit, au mauvais moment. Comme toi. Maintenant que tu l'as récupéré, va-t'en. Je...je veux pas tuer une autre goule. Pas encore."

Cette fois, les larmes coulent sur mes joues mais je suis toujours déterminé. Je ne veux pas être pris pour un faible, moi qui compte les cadavres sur mon chemin. Je suis juste naturellement trop sensible. Kazuki se moquait souvent de moi pour ça...que dirait-il encore aujourd'hui? "On dirait une gamine, Daidai, faut que tu portes tes couilles, t'es un homme!" Les années ont passé, et pourtant je reste toujours le même. Un monstre assassin qui n'a jamais mérité son attention. Mais je ne dois pas penser à ça. Il y a un type en face que je m'apprête à tuer, mais qui s'apprête lui aussi à me filer une dérouillée. Je ne pense pas pouvoir l'achever en quelques coups comme les autres. Si le combat s'éternise...c'en est fini de moi. Mais ne serait-ce pas plus mal, au final? Ce serait seulement triste pour mes années de recherches...je n'ai pas trouvé de successeur, après tout...

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Abe Cléo
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Yûichi -
Dim 3 Juin - 12:48

Cet homme lui rappelle, à peu de choses près, le moment où il est tombé sur Hiroyuki, plusieurs années auparavant. Il n'était qu'une goule incompétente, ne sachant pas vraiment dans quelle direction se rendre pour ne pas faire de vagues. Les goules sont une espèce encore mal reconnue, voire carrément inconnue. Ce sont à elles de faire de leur mieux pour paraître normales et se faire accepter telles qu'elles sont dans l'immédiat. Puis, quand la lumière les mettra en avant, elles sauront se défendre en déclarant qu'elles n'ont rien fait de mal, de nuisible. Cependant, si personne ne vient en aide aux plus démunies d'entre elles, elles continueront à assaillir comme cet homme affamé qui se tient face à Masao.
Il voit bien les pupilles rouges de l'inconnu, cette envie de tuer pour survivre. Il entend bien sûr les propos qui passent la barrière de ses lèvres, d'une voix rauque, emplie de remords et d'inconstance. Cette goule est, certes, une goule voleuse, mais elle est également perdue - du moins, c'est ainsi que la perçoit Masao. Il le laisse lui parler, lui jeter le masque ensanglanté à ses pieds, le menacer de son kagune ailé alors que ses mots tentent de lui insuffler de faire demi-tour et de ne pas se préoccuper de lui.

« Vous ne me tuerez pas, sinon vous l'auriez déjà fait, répond-t-il en récupérant le masque. Comment vous appelez-vous ? »

Il essuie son oeuvre sur son pantalon, préférant ruiner son vêtement (et de loin) que de ne plus distinguer les délicieux traits qu'il avait créé pour ce visage d'emprunt. Toutes les goules ne possèdent pas de masque : certaines ne souhaitant pas se dissimuler aux yeux des humains (à leurs risques et périls), d'autres appréciant juste fanfaronner en imaginant que jamais rien ne peut leur arriver (même constat), plusieurs ignorent simplement de quelle manière en posséder un ou bien où trouver leur créateur, et, enfin, les dernières ne les méritent pas selon Masao. Il veut protéger son espèce, mais celle-ci doit le mériter et faire ses preuves.
Dans le cas de cette goule-ci, Masao décide de se positionner sur la troisième raison qui lui a, pour le coup, donné l'opportunité de s'attaquer à plus faible et à lui dérober son masque. Une telle négligeance de la part de la goule décédée prouve qu'elle n'en était pas digne - et Masao s'en blâmera pour sa non-vigileance.

« Rangez votre kagune et suivez-moi, reprend-t-il, votre réputation est en jeu. Je veux bien vous arranger ce masque pour qu'il vous soit personnel. »

A la vérité, il ne veut pas lui laisser d'autres choix. Sa voix est ferme et tranchante dans l'atmosphère lourde. Cet homme doit se calmer et reprendre contenance. Masao ne cherche pas les ennuis ; il a bien compris sa détresse. Cependant, si la goule ne lui laisse pas d'autres choix, il sera bien obligé de lui faire face et de dévoiler son kagune à son tour. Les combats inutiles l'embêtent avec force... sauf quand c'est lui qui les déclenche quand Hiroyuki est le centre d'attention.
D'un geste de sa main libre, il montre la rue principale par laquelle il vient d'arriver. Même s'il n'est pas effrayé, il n'est pas idiot au point de tourner le dos à une goule déployée.
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Sam 30 Juin - 13:17


化物


Il ne me prend pas au sérieux, j'ai l'impression. Ce type...je crois qu'il essaye de m'apprivoiser à demi, peut-être qu'il tente de passer pour le gentil histoire de m'amadouer pour pouvoir mieux me tuer après. J'ignore s'il était ami avec cette goule que j'ai déchiqueté il y a maintenant plusieurs mois, mais je n'ai pas envie de laisser le bénéfice du doute. Manger, ou être mangé...le quotidien des goules est souvent en noir et blanc, sans laisser de place à des teintes plus grisâtres qui donneraient peut-être un espoir sur les nuances de ce monde.

"Daisuke...mon nom est Daisuke."

A quoi bon donner un faux nom? Il connait désormais mon visage, peut me retrouver au milieu des humains sans problème. Je suis déjà perdu à vrai dire, si ce type reste en vie et s'il décide de parler. Mais...je ne peux plus faire machine arrière. Il me tient. Je suis acculé dans une ruelle, aux prises avec un autre de mon espèce. J'ai si faim...

Malgré la méfiance et la peur que je ressens envers ce type, j'obéis à son ordre à peine déguisé et range difficilement mon Kagune. Dans mon état actuel, j'aurais déjà du mal à me défendre contre un pauvre chat. Alors une goule? C'est même pas la peine d'y penser. D'autant plus que les agents du CCG sont particulièrement actifs ces derniers temps, j'ai failli me faire pincer plus d'une fois...pourtant, je reste un professeur respectable dont la réputation n'est plus à faire. Personne ne peut se douter de ma nature, pas même mes collègues.

Si je peux ranger mon Kagune, je ne peux en revanche rien faire pour mes yeux qui conservent leur rouge et noir si désagréable. Qu'à cela ne tienne! Je récupère un masque blanc dans ma sacoche, enfonce ma casquette sur la tête et enfile même des lunettes de soleil, quand bien même je ne vois presque rien avec tout ça. Je ne veux juste pas risquer d'être découvert, je ne pourrais pas changer de vie maintenant. Pas après tous les efforts que j'ai été forcé de faire.

"Je vous suis."

J'ignore pourquoi il veut m'aider. S'il souhaite seulement m'aider pour de vrai, ou s'il va me jeter en pâture au CCG. J'ai entendu parler de goules qui se faisaient passer pour des informateurs, pour permettre aux agents de connaître l'emplacement de leurs ennemis gênants. Peut-être que celui-là est semblable à ces goules, et...peut-être qu'il va me trahir. Je déglutis avec difficulté, mais continue de marcher à ses côtés. Je pourrais fuir, maintenant. Mais j'en ai pas le courage. Je ne pourrais plus chasser sans masque, maintenant qu'il a récupéré le mien...enfin...celui du pauvre type à qui je l'ai pris, surtout.

"Vous êtes artiste? Quel est votre nom?"

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